Quête obsessionnelle de l’or bleu

Les précipitations insuffisantes depuis dix-huit mois ont plongé cette grande métropole du sud de l’Inde dans un stress hydrique appelé à durer des semaines encore. Dans cette agglomération de dix millions d’âmes, l’eau est devenue une obsession quotidienne. Capitale du riche État du Tamil Nadu, Chennai dispose en temps normal de 830 millions de litres d’eau par jour. À l’heure actuelle, les autorités n’arrivent à fournir que 60% de cet approvisionnement. Les réservoirs sont à sec, les nappes phréatiques toujours plus basses. Certains restaurants préfèrent servir la nourriture sur les traditionnelles feuilles de bananier, pour économiser l’eau dépensée en vaisselle d’assiettes. Des habitants se lèvent en pleine nuit pour ouvrir les robinets capricieux et attendre, des heures durant, que les récipients se remplissent, goutte à goutte. Le matin, les enfants se chamaillent pour savoir qui aura le droit de se laver ce jour-là. Dès l’aube dans la rue, des files d’attente de gens aux faibles revenus s’étirent devant des pompes, où l’eau est gratuite. Les nerfs sont à vif. Des disputes éclatent souvent, parfois violentes. Dans une autre ville du Tamil Nadu, une famille a battu un mort un activiste qui l’accusait de prendre trop d’eau. Pendant que leur mari est au bureau, les épouses peuvent passer près de six heures par jour à faire la queue à la pompe, trois heures le matin et trois heures le soir. Srinivasan V passe près de cinq heures par jour à chercher de l’eau. Il consacre ces derniers temps 2.000 roupies par mois (25 euros) à acheter de l’eau en bonbonne ou à cotiser pour la venue d’un camion citerne privé, une fortune au vu de son salaire mensuel de 15.000 roupies (190 euros). Pour les bourses modestes comme la sienne, cette dépense prioritaire rogne le reste de son budget.   Chennai tire habituellement le gros de son eau de quatre grands lacs-réservoirs voisins. La mauvaise mousson de l’année dernière ne les ayant pas régénérés, ceux-ci ne présentent plus que l’aspect de déserts craquelés, où pourrissent des cadavres de poissons morts. Si les précipitations défaillantes sont les principales responsables de la situation, les experts soulignent que la crise est aggravée par le faible taux de récupération d’eau de pluie en Inde, société de plus en plus urbanisée et dont les besoins hydriques vont croissants. Tous les regards sont tournés vers la prochaine mousson, qui sévit dans cette région à partir d’octobre et lui fournit le gros de ses pluies annuelles.

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A Propos

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