Le droit de s’asseoir !

Assujetties à des journées de 12 heures durant lesquelles elles n’avaient pas le droit de s’asseoir ou même de s’appuyer contre un mur, des vendeuses indiennes ont monté un syndicat pour protester contre leurs conditions de travail indignes. C’est la fin d’un long calvaire pour les employées des magasins du Kerala, un Etat du sud de l’Inde. La profession, presque exclusivement féminine, vient d’obtenir, en juillet, un « droit de s’asseoir » sur les lieux de travail. Les employeurs interdisaient aux vendeuses de se reposer sur un tabouret, de s’appuyer sur un mur ou même de s’absenter quelques minutes pour aller aux toilettes. Dans les centres commerciaux construits au cours des dernières décennies, elles ont aussi été priées de ne pas utiliser les ascenseurs : certains clients se plaignaient d’être obligés de prendre les escaliers, faute de place. En Inde, le client est roi, et la vendeuse doit se  tenir debout pour le servir, si possible en sari, pour donner à l’enseigne une image respectable. Et ce n’est pas après le travail qu’elle peut  espérer s’asseoir : les employées continuent de travailler chez elles, debout dans la cuisine. Malgré les problèmes de santé de ces nombreuses femmes, les grands syndicats de cet Etat, où le parti communiste est pourtant puissant, ne se sont pas souciés de leur sort. Ce sont les travailleuses elles-mêmes qui se sont pris en main. Tout a commencé en 2009, avec un premier combat. Une couturière de Kozhikode a décidé de lancer, avec des amies balayeuses et vendeuses de son quartier, l’organisation Penkoottu. A l’époque, elles se sont mobilisées pour défendre le « droit à uriner ». Les toilettes n’existent quasiment pas sur les lieux de travail. Ils figurent bien dans les plans de l’architecte au moment du dépôt du permis de construire, mais sont reconvertis en remises une fois les bâtiments terminés.  Les employées doivent donc se rendre aux toilettes publiques… ou se retenir ! Ce premier succès a donné des idées aux vendeuses d’un magasin de saris du même quartier, qui ont également réclamé le droit de s’asseoir. Penkoottu a pris de l’ampleur et décidé de créer le syndicat Asanghaditha Mekhala Thozhilali Union (AMTU), en 2016 qui fait bien plus que négocier  de meilleures conditions de travail. Ses membres l’utilisent également comme plate-forme pour venir en aide aux victimes de violences conjugales.

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A Propos

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